Terrasse du Roi lépreux

Terrasse du Roi lépreux-angkor-thom
  • Date: XIIè siècle
  • Constructeur: Jayavarman VII
  • Dégagement: 1911 – 1917
  • Travaux: de 1992 – 1996
  • Pron.: tilieun sdech komlong
  • Repère: F.22
  • In té rêt: *** archéologique
  • Visite: le matin

Terrasse du Roi lépreux-angkor-thom

1. Accès
Par le Grand Circuit, par la gauche, il faut se rendre sur la Place royale d’Angkor Thom, la Terrasse du Roi lépreux se trouve être la dernière, tout au nord de la Terrasse des Éléphants, dont elle n’est séparée que par un chemin.

2. Caractéristiques
La Terrasse du Roi lépreux ne semble pas devoir être rattachée à la Terrasse des Éléphants. Par des amorces de murs qui se raccordent à ses parois, elle paraît plutôt avoir fait partie d’un ensemble distinct relativement important qui aurait été remanié.

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3.Description et commentaires
Grâce à un livre à succès du romancier Pierre Benoît, la Terrasse du Roi lépreux a acquis, en France tout au moins, une certaine renommée. Si la réalité est quelque peu différente, cette terrasse n’en présente pas moins un intérêt, tant sur le plan sculptural que mythologique. Elle est constituée d’un massif rectangulaire de maçonnerie de grès de 25 m de côté, épaulé sur sa face ouest par une butte de terre. D’une hauteur approximative de 6 m, ce massif forme une avancée à redans sur les vestiges d’un mur qui est pratiquement dans l’alignement de la Terrasse des Éléphants. Chacune de ses faces est recoupée horizontalement par six registres ornés de sculptures exécutées en haut-relief. Un septième existait, mais il a en grande partie disparu. Des travaux de dégagement ont révélé que, derrière ce premier mur, se trouvait sur les côtés est et sud, à environ 2 m en retrait, une seconde paroi reproduisant assez fidèlement le décor de la première, créant ainsi une sorte de couloir que l’on peut emprunter, l’entrée étant située à l’angle sud-ouest de la terrasse. Une opération plus récente a permis de poursuivre vers le nord le déblaiement de ce couloir. Les sculptures ainsi révélées sont du même style que celles primitivement dégagées. L’ensemble de ces reliefs ayant été protégé pendant des siècles des intempéries est en très bon état, et ses sculptures sont considérées actuellement comme étant parmi les meilleures de l’art khmer.

Sur la façade nord du mur externe, on voit des personnages assis sous des portiques de palais, dans des attitudes assez figées : un roi ou un haut dignitaire, glaive en main, semble assister à la démonstration d’un ava-leur de sabre.

Sur les parois est et sud, nous ne voyons, sur presque tous les registres, qu’une succession de femmes assises, le torse nu, coiffées d’une haute « tiare » triangulaire flammée. Par intervalles, des personnages masculins assis, glaive ou bâton en main, semblent surveiller la gent féminine. Au registre inférieur du mur, des naga géants, déployant leur corolle de neuf têtes, sont généralement surmontés par des êtres à l’aspect démoniaque, la plupart armés d’un glaive, souvent encadrés par des « déesses » portant un éventail. On remarque aussi des danseuses sacrées (Apsara) esquissant un gracieux mouvement.

Le mur intérieur, mieux conservé, permet de voir des naga à neuf têtes, au « nez » proéminent, surmontés par d’autres reptiles à cinq têtes, flanqués de compagnes agenouillées, coiffées d’une « tiare » montrant des petits naga dressés comme des flammes. Certaines tiennent dans une main un bouton de lotus. On remarquera aussi, au registre inférieur, des personnages mitres chevauchant d’étranges animaux.

La position des deux murs et l’ensemble des sculptures a donné lieu à plusieurs hypothèses sur la signification et la destination de cette terrasse. Selon un point de vue basé sur les textes indiens, la terrasse représenterait le mont Meru et les naga supporteraient ia montagne sacrée au-dessus de l’Océan cosmique. Une autre hypothèse, plus concrète que métaphysique, se basant sur certaines sculptures qui ne sont qu’ébauchées. propose de ne voir dans le mur intérieur qu’une construction abandonnée en cours de chantier pour bâtir un nouveau mur, presque identique, destiné à agrandir notablement la surface de la plate-forme supérieure. Pendant très longtemps, trois images de pierre ont trôné sur cette plateforme. Deux statues de petite taille, décapitées, portant une massue sur l’épaule droite, entouraient l’effigie, plus grande, du « Roi lépreux », aujourd’hui transportée au Musée national de Phnom Penh. Depuis, une quatrième statue, complète, a été découverte. Actuellement, une copie de ce « Roi lépreux » apparaît, reposant sur un simple dallage, assis « à la javanaise », le genou droit levé supportant l’avant-bras, dont la main fermée devait tenir une arme. Sa coiffure nattée et torsadée lui tombe dans le dos. Le léger rictus de sa bouche découvre deux « crocs » à la commissure des lèvres, surmontées par une légère moustache frisée. Complètement nu – représentation rarissime dans le très pudique art khmer – et asexué, il ne montre aucune des marques de la lèpre, contrairement à sa dénomination, qui tient davantage de la légende et de la littérature que de la réalité des faits. Certains ont pensé que ce ” Roi lépreux ” était la statue d’un Siva ascète, mais d’autres font remarquer que la courte inscription gravée sur le socle indique qu’il s’agit d’une représentation de Yama, le dieu hindou de la mort et Juge suprême. En se référant à l’emplacement de la terrasse, au nord du Palais royal, on a envisagé que comme au Palais royal de Phnom Penh – la plate-forme de ce massif ait été réservée aux incinérations royales, ce qui expliquerait la présence du dieu de la mort.

Le savant épigraphiste G. Coedes a proposé de voir dans le massif de cette terrasse la base du Tribunal suprême, assimilé au mont Meru, la statue du « Roi lépreux » représentant le Souverain de la Loi surveillant le Tribunal suprême. Au cours des travaux de dégagement, on a découvert les restes de colonnes en bois qui auraient pu appartenir au Palais du Tribunal érigé en cet endroit.
Dans la légende du pays khmer, le « Roi lépreux » est identifié au prince Preah Thong qui, venu de l’Inde, épousa la fille du roi des naga et fonda la ville d’Angkor, la première capitale du Cambodge.

Für mehr Infos: Halong Bucht

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