Mise en œuvre

Mise en œuvre-angkor-wat

La construction de certains ensembles monumentaux du Cambodge n’a été rendue possible que par une coordination puissante de tous les corps d’état, spécialisés ou non dans le travail de la pierre. L’organisation de chantiers à de telles échelles ne pouvait être le fait que d’un État fort et solidement établi, disposant de richesses, de grands moyens matériels et humains, et pouvant, éventuellement, contraindre tout un peuple à participer à un travail colossal.

Angkor Wat, Siem Reap

Mise en œuvre-angkor-wat

On peut penser que ce peuple devait être peu motivé pour de telles entreprises et guère enclin à s’éreinter pour aider à la construction du mausolée d’un seul homme, fût-il Dieu Roi, lequel, par ailleurs, devait lui être totalement étranger. Mais qui étaient ces ouvriers qui, par dizaines de milliers, ont œuvré à la construction des temples? Tout d’abord des autochtones, spécialisés dans le travail de la pierre, peut-être formés, au début, par des sculpteurs venus de l’Inde, des manœuvres qui charriaient les blocs, des paysans libres ou esclaves, des prisonniers de guerre aussi, et les hommes et les femmes déplacés à la suite de l’occupation d’un terri¬toire. Évidemment, faute de documents, nous restons dans le domaine des hypothèses. Cependant, le parallèle avec la façon de procéder d’autres peuples dans de pareils cas permet d’avancer que cette supposition doit être assez proche de la vérité.

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En ce qui concerne la mise en œuvre des matériaux, si on peut être certain que la confection des briques posait peu de problèmes, puisque l’argile se trouvait pratique-ment sur le lieu de travail, et que ces briques étaient faci¬lement maniables en raison de leur faible volume et de leur poids réduit, il n’en allait pas de même avec l’extraction, le transport et la pose des blocs de grès, dont certains, de grandes dimensions, pèsent plusieurs tonnes. Les principales carrières de grès actuellement reconnues se situent sur le flanc sud-est du Phnom Kulen, un grand massif gréseux à une trentaine de kilomètres au nord-est d’Angkor.

Une fois dégagés de leur banc, les blocs de pierre étaient amenés, grossièrement équarris, jusque sur les lieux de pose. Il est probable que le transport s’effectuait à l’aide de charrettes et de pirogues. Mais nous ne savons pas quelles voies ils empruntaient. Nous en sommes réduits, ici aussi, aux hypothèses. Plusieurs possibilités peuvent être envisagées :

  • la première consiste à imaginer que les blocs de pierre étaient d’abord chargés sur des charrettes, puis embarqués sur des pirogues qui descendaient jusqu’à Angkor par la rivière de Siem Reap. L’inconvénient de cette supposition est que la rivière se trouve à l’opposé de l’emplacement des carrières, ce qui impliquerait un long et difficile trajet pour rejoindre la voie d’eau qui n’est d’ailleurs navigable qu’une partie de l’année ;
  •  on peut proposer un court trajet terrestre des carrières jusqu’au présumé « canal » de direction nord-sud, qui part du village actuel de Samrong au sud-est des Kulen, puis une descente par ce ” canal ” jusqu’au village de Kompong Kleang, en bordure du Grand Lac, pour traverser ce dernier et remonter la rivière de Siem Reap jusqu’à Angkor. Il faudrait alors admettre que le « canal » était constamment alimenté en eau et que sa sortie sur le Grand Lac était praticable même à l’époque des basses eaux ;
  • une dernière possibilité consiste à envisager un trajet uniquement terrestre, allant des carrières jusqu’à la longue digue surélevée de direction est-ouest, qui passe au sud du Pnomh Bok, pour rejoindre Angkor, non loin du temple de Banteay Kdei. L’avantage de ce dernier trajet est qu’il est le plus court et qu’il est praticable toute l’année. Les blocs de pierre amenés à peine dégrossis de la car-rière n’étaient pas de dimensions standard. Ils étaient taillés à la demande au moment de leur mise en place. Ils n’étaient donc pas interchangeables et occupaient, dans le mur, un endroit bien déterminé. Ce système d’appareillage déjà perceptible au début de l’époque angkorienne se poursuivra au fil des ans et s’amplifiera pour donner aux parois des monuments de l’époque du Bayon une découpe tout à fait anarchique.

Il a été décrit plus haut comment les joints horizontaux et verticaux des blocs de pierre pouvaient parfaitement s’ajuster grâce aux frottements répétés d’une pièce de grès l’une sur l’autre. Mais comment ces blocs pouvaient-ils être hissés jusqu’à l’assise appropriée ? Les ouvriers qui travaillent actuellement à la réfection des temples utilisent plusieurs sortes d’échafaudages en bois pour hisser ou pour travailler à niveau (bien que le bois ait tendance à être remplacé maintenant par des tubulures en fer). Si on interprète les échafaudages actuels comme un prolongement possible des systèmes anciens, avec leurs techniques spécifiques, on peut avancer que les blocs étaient amenés à pied d’œuvre en glissant sur des rouleaux de bois, qu’ils étaient ensuite hissés avec des cordages de lianes, grâce à un portique permettant la mise en place et l’ajustage définitif des pierres. Lorsqu’il fallait monter les blocs jusqu’aux parties les plus hautes de la construction, on utilisait soit des troncs d’arbres ligaturés entre eux, qui servaient de rampes, soit des échafaudages relais. Tous les éléments de bois étaient débités dans la forêt toute proche. Il est possible que les cavités que l’on remarque sur de nombreuses pierres aient servi de points d’ancrage pour la manipulation.

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