Le Chenla

Le royaume de Chenla

Au nord du Fou Nan, s’était établi à l’intérieur des terres un autre royaume de la famille Mon-Khmère : le Chenla. C’est un texte chinois de la dynastie Sui (581 à 620) qui, pour la première fois, mentionne le Chenla en tant que royaume. Par ce nom de Chenla, les Chinois ont toujours désigné le pays des Kambuja, le pays Khmer, le Cambodge. Primitivement, le centre de ce pays a pu se situer dans la région du Grand Lac. Un peu à la manière des monarques du Fou Nan, les rois des Kambuja prétendront descendre de l’union de Kambu, un ancêtre mythique, et de la déesse Mera dont le nom Khmer semble dérivé. D’un certain point de vue, le Chenla peut être considéré comme le successeur du Fou Nan dans la péninsule Indochinoise et le véritable berceau du Cambodge historique.

Le royaume de Chenla

Le royaume de Chenla

Le premier roi du Chenla aurait été Srutavarman. Son fils Sreshthavarman, qui lui succède, donne le départ d’une brillante dynastie. Il établit sa capitale sur le moyen Mékong, autour de la colline de Vat Phu, dans le sud de l’actuel Laos.
Dans le courant du VIe siècle, le roi Bhavavarman monte sur le trône du Chenla, qui est alors un pays vassal du Fou Nan. Poussant vers le nord, il agrandit son royaume le long du Mékong au détriment d’un pays voisin, le Champa, qui occupe une bande de terre entre la chaîne annamitique et la mer. Lorsque Rudravarman, dernier roi du Fou Nan, meurt vers 539, Bhavavarman fait valoir ses droits, qu’il tient de sa mère, à la succession au trône, probablement sans y parvenir puisqu’il attaque ce pays et le soumet, tout en lui laissant une certaine autonomie. Bhavavarman meurt en 598. Son frère Mahendravarman lui succède pour un court laps de temps et, à sa disparition, son fils Isanavarman I monte sur le trône qu’il occupe de 611 à 635. Pendant ce règne long de vingt- quatre ans, il s’attache à agrandir son territoire. Jugeant peut-être alors que la vieille capitale de Vat Phu est trop excentrée par rapport à son nouveau royaume, il établit une autre cité au Cambodge même, au nord de Kompong Thom, à Isanapura, sur l’actuel site archéolo­gique de Sambor Prei Kuk. C’est durant le règne d’Isanavarman I que le Chenla atteint son apogée. Son successeur Bhavavarman II laisse peu de traces. Aux environs de 659, Jayavarman I accède au pouvoir qu’il assure pacifiquement pendant quarante ans.

Cependant, au début du VII è siècle, dès l’accession d’Isanavarman I à la royauté, des troubles s’étaient instal­lés dans le pays. Ces désordres allaient aboutir à l’affai­blissement et à la dislocation du royaume. Les opposants à Jayavarman I, profitant de la confusion, se partagent le pays, lequel, suivant les sources chinoises, se trouve coupé en deux : au nord, le Chenla de Terre avec ses plaines et ses montagnes, au sud, le Chenla maritime ou Chenla d’Eau, bordé par la mer. Ces deux Chenla sont eux-mêmes morcelés en plusieurs petits États dont un, dans la région d’Angkor, est gouverné par une femme.
Un texte chinois, datant du règne d’Isanavarman Ier, relate les mœurs et les coutumes de la cour, à cette époque. Des inscriptions, gravées en sanscrit et en khmer ancien, nous informent sur la vie religieuse du royaume.

À la fin du VII è siècle, la montée en puissance des royaumes indonésiens de Sumatra et de Java perturbe, par les attaques que ceux-ci mènent le long des côtes de la péninsule Indochinoise notamment, l’équilibre qui s’est établi dans le Sud-Est asiatique, et il est probable qu’à cette époque, le Chenla a été soumis à Java. C’est pourquoi cette période troublée par la partition, l’émiettement du pays en plusieurs petits États, ainsi que par les incursions et la mainmise indonésienne sur le Chenla, va créer un hiatus de quelque cent ans dans la chronologie des rois du Cambodge.

Le premier acte du roi fondateur en 802 de la monarchie angkorienne est d’organiser une cérémonie qui le consacre souverain unique et le dégage de toute dépen­dance vis-à-vis de l’Indonésie. Ce prince, futur Jayavarman II, revenu de Java où il s’était expatrié pour des raisons qui nous restent encore obscures, entre­prend la réunification du pays khmer.

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