La vie quotidienne à l’époque angkorienne

La vie quotidienne à l’époque angkorienne

C’est encore à Tcheou Ta Kouan que nous devons nous référer pour évoquer la vie quotidienne à l’époque angkorienne. La société de l’époque était divisée en classes, très hiérarchisées, correspondant approximativement à deux niveaux sociaux. Un abîme existait entre la famille royale, le clergé et la classe dirigeante, d’une part, et d’autre part, le reste du peuple qui constituait une masse importante, mais subalterne, « taillable et corvéable à merci », avec, tout au bas de l’échelle, les esclaves, catégorie fort méprisée que l’on baptisait de noms évocateurs tels que « chien », « puant » ou encore «détestable».

La vie quotidienne à l’époque angkorienne

La vie quotidienne à la campagne
La plus grande partie de la population, qui était paysanne, suivait le rythme du travail champêtre et des corvées imposées. Cette population rurale vivait aussi en fonction des événements qui survenaient au village et dans l’environnement familial.
Labourer, herser, planter, irriguer les rizières et les jardins, aller en forêt cueillir des baies sauvages tout en chassant, capturer des poissons avec des lignes, des filets ou des nasses, élever des animaux domestiques : telles étaient les préoccupations essentielles des hommes, pendant que les femmes s’occupaient du ménage, pliaient le riz, préparaient le repas, tissaient les vêtements, aidaient au repiquage du riz et élevaient les enfants.

A voir : Croisiere baie d’halong | Découverte delta du Mekong | Voyage Sapa | voyage Ninh Binh | trek à Mai Chau | baie halong terrestre | Ethnie lolos noirs Vietnam | voyage vietnam 12 jours

Les jeunes gens, garçons et filles, élevés sans entrave, présentaient des moeurs souvent relâchées. Les parents qui avaient une fille à marier faisaient cette prière : “ Puisses-tu être désirée par les hommes ! Puissent cent et mille époux te demander en mariage”. Concernant justement le mariage, un Chinois contemporain de Tcheou Ta Kouan, Ma Touan Un, qui a aussi séjourné au Cambodge, relate : « Celui qui désire se marier envoie tout d’abord des présents à la jeune fille qu’il recherche. Ensuite la famille de la jeune fille choisit elle-même un jour heureux pour faire conduire l’épouse au domicile de l’époux, sous la garde d’un entremetteur. Quand la cérémonie de noces est terminée, l’époux reçoit une part des biens de ses parents et va s’établir dans une maison à lui. » Mais beaucoup d’hommes épousent des femmes qu’ils ont d’abord connues comme maîtresses, sans que cela constitue pour le couple un sujet de réprobation ou de déshonneur.

La naissance d’un enfant arrive vite dans la vie d’un jeune couple et Tcheou Ta Kouan nous fait part de son étonnement sur la rapidité des relevailles de la mère. Tous les actes journaliers importants se passent en famille. Les repas sont pris sur des nattes dans des assiettes en terre. Fourchettes et baguettes sont inconnues, aussi, on rassemble les aliments avec les doigts et on les porte à la bouche avec la main droite, à la mode indienne, la main gauche étant considérée comme impure. Aussitôt après le repas, « ils font jouer leurs cure- dents en bois de peuplier et récitent des prières ». Avant les repas, ils renouvellent les ablutions dont la fréquence a beaucoup intrigué et inquiété l’envoyé chinois, puisqu’il écrit : « les gens sont souvent malades, ce qui tient beaucoup à leurs bains trop fréquents et à leurs incessants lavages de tête », mais à côté des maux supposés dus à l’extrême propreté des Khmers, de véritables maladies comme la lèpre, la dysenterie, le choléra occasionnent de véritables ravages parmi la population. On va sur le marché chercher les drogues réputées guérir toutes sortes de douleurs. Mais lorsqu’on revient au logis avec le remède approprié, il arrive souvent que celui-ci se révèle inefficace, môme après l’intervention du sorcier, et l’issue est fatale.

Au marché, étalés sur des nattes, racines, feuilles poudres et liquides curatifs côtoient les légumes, les fruits, les viandes et poissons, les tissus, la vaisselle, les jarres et autres ustensiles. De petites échoppes servent des soupes et font griller des brochettes de poisson ou des bananes, pendant que d’autres proposent des bijoux ou des amulettes. Tout le marché résonne de bruits et de clameurs : là, on parie à grands cris sur un combat de coqs ou de porcs ; ici, on dit la bonne aventure, plus loin, deux hommes, un peu grisés par le vin de palme en viennent aux mains… toutes scènes que l’on peut voir sur les bas-reliefs du Bayon.

Tous les mémorialistes chinois qui ont visité le Cambodge ont rapporté avec étonnement les pratiques qui entourent la mort : « En cas de deuil, la coutume demande que les proches du défunt se rasent la barbe et les cheveux. » On procède à plusieurs sortes de funérailles : le transport du cadavre en dehors du village pour que les chiens, les bêtes sauvages ou les oiseaux de proie le dévorent, l’enterrement du corps dans une fosse ou sa crémation sur un bûcher, ou encore l’abandon de la dépouille au fil du courant d’un fleuve.

Mais, à côté de ces heures de tristesse, il y a heureusement des instants de satisfaction, comme la présentation des offrandes aux dieux et les multiples dévotions autour des temples, certaines fêtes agraires donnant lieu à de grandes commémorations comme celle de « l’entassement des monts de paddy » (riz décortiqué) ou « le brûlage du paddy », ainsi que tous les grands événements qui peuvent avoir lieu dans un pays éminemment agricole, où le souverain se fait un devoir de marquer les grands moments de la vie paysanne.

Für mehr Infos: Ocean tours Halong bay

Both comments and pings are currently closed.

Comments are closed.

Powered by WordPress