La vie du Bouddha

La vie du Bouddha

Pour tous les adeptes de la métempsycose, la venue en ce monde d’un Bodhisattva n’est que l’aboutissement d’une longue lignée de sujets atteignant exceptionnellement l’état de Bouddha, c’est-à-dire qu’ils sont tout à fait « éveillés » et de façon parfaite. Les textes légendaires du canon pâli citent les vingt-quatre Bouddha qui ont précédé Siddharta, « l’Éveillé » qui nous occupe et nous annonce la venue de Maitreya, le Bouddha à venir.

La vie du Bouddha

Lorsque le moment propice est arrivé pour qu’un Bodhisattva se manifeste dans le monde, les dieux du Cosmos se réunissent pour lui demander de descendre sur Terre, de naître chez les hommes et de vivre parmi eux sa dernière existence. Toutefois, le Bodhisattva, grâce aux cinq grandes investigations, a le pouvoir de décider lui-même de l’instant favorable pour la descente et de déterminer le continent adéquat, ainsi que l’emplacement de sa naissance, sa lignée et la femme qui le portera. Or, au vie siècle avant notre ère, existait dans le nord de l’Inde, au pied de l’Himalaya, près de Kapilavastu, un petit État gouverné par le roi Çuddhodana, membre de la tribu des Çakya et qui appartenait à la caste des guerriers. Il vivait là avec sa femme, la princesse Mayadevi, tous deux ayant apparemment comme origine de leur lignée le brahmane Gautama. C’est alors que, grâce à la connaissance surnaturelle qu’il a du passé, du présent et de l’avenir, le Bodhisattva, devant descendre sur Terre, porta son choix sur le modeste État du roi Çuddhodana et désigna, comme ses parents, le souverain lui-même et Mayadevi, sa première épouse, en raison de leur pureté d’âme et de leur chasteté. Conformément aux traditions littéraires de l’Inde, cette naissance connaîtra un côté merveilleux. C’est ainsi que l’enfant sera conçu miraculeusement : au cours d’un songe, Mayadevi perçoit un éléphant blanc pénétrant son flanc droit. Consultés sur ce rêve étrange, les devins déclarent que la reine est gestante et que l’enfant mâle qui naîtra sera soit un monarque universel (Chakravartin), soit un Bouddha, à condition qu’il renonce au monde. « Dix mois plus tard », la reine s’étant arrêtée dans un parc, donne naissance, sous un arbre, au Bodhisattva.. quitte son flanc droit sans la meurtrir se dresse aussitôt sur un grand lotus écy* par miracle, à partir duquel il effectue sert pas dans chacune des quatre directions en proclamant qu’il vaincra la maladie et la mort. On s’accorde généralement pour estimer que cette naissance eut lieu en l’an 563 avant notre ère.

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Peu après sa naissance, le Bodhisattva enfant est présenté au temple où le roi, son père, lui donne le nom de Siddharta (qui obtient la réussite). Là, les devins établissent son horoscope et reconnaissent les trente-deux marques et les quatre-vingts signes qui font de lui un être d’exception, destiné à devenir soit un monarque universel, ce qui comblerait son père, roi jusque-là sans héritier, soit un Bouddha, ce qui serait un événement heureux pour l’humanité. C’est le sage Asita qui révèle que l’enfant deviendra un Bouddha. Sept jours après sa naissance, Mayadevi, sa mère, meurt et Siddharta est élevé par sa tante jusqu’à l’âge de sept ans. À sa majorité, à treize ans, un conseil de famille décide que le temps est venu de marier le futur souverain : une épouse est présentée en la personne de Gopa, jeune femme également du clan Çakya. Mais, avant d’être accepté, le Bodhisattva doit affronter, au cours d’une compétition, d’autres prétendants. Vainqueur de l’épreuve, Siddharta est uni à Gopa.

Le roi Çuddhodana déploie de grands efforts pour préparer et conforter « son fils » dans sa future fonction royale, tout en lui procurant tous les plaisirs et en le prote-géant de la vue des vicissitudes humaines. Le roi a aménagé pour lui des jardins de plaisance et c’est au cours de plusieurs promenades dans les parcs qu’il aura la révélation de la douleur. D’abord, il croise un vieillard marqué et courbé par le poids des ans. Il rencontre ensuite un malade sans abri, étendu fébrile et prostré, juste au seuil de la mort. Puis il arrive devant un cor-tège funèbre, où une famille en pleurs conduit un être cher vers le bûcher Méditant sur ces rencontres qui le troublent. Siddharta réalise que la jeunesse passe vite, cédant rapidement la place à la maladie, à la vieillesse et à la mort qui est inévitablement au bout du chemin. Très troublé par ces constats, il réalise que la vie qu’il mène au palais royal est futile et superficielle. Une quatrième rencontre avec un moine errant qui, dépouillé, plein de sérénité, va demander l’aumône, le conforte dans sa détermination de se consacrer désormais à la recherche de la vérité sur l’état de l’homme, son devenir et sa libération de la douleur. La naissance de son fils Rahula, qu’il considère comme une entrave à ses desseins, le contrarie et l’amène à de nouvelles réflexions. La vue, une nuit, de ses concubines abandonnées dans certaines poses inconvenantes du sommeil, lui inspire une grande répulsion.

À l’âge de vingt-neuf ans, Siddharta, avec l’agrément de son père, quitte secrètement le palais et sa famille, suivi de son écuyer Chandaka. Il part, monté sur son cheval Khantaka dont les dieux soutiennent les sabots, amortissant ainsi leur bruit pour protéger cette fuite. Tous trois se dirigent vers le sud-est et franchissent la rivière Anoma. C’est là que, pour exprimer son engagement, Siddharta se dépouille de ses vêtements princiers et les échange contre ceux, élimés, d’un chasseur. Il abandonne aussi toutes ses parures et coupe ses cheveux avec sa propre épée. Après quoi, il renvoie son écuyer et son cheval, lequel en mourra de chagrin.
S’étant alors éloigné seul, le prince Siddharta est devenu le moine errant Gautama, demandant l’aumône et recevant l’hospitalité au gré de son errance. Il se mêle aux disciples d’un maître brahmanique mais, insatisfait de son enseignement, il poursuit sa quête de la vérité en se joignant aux élèves d’un nouveau maitre. Mais, ici non plus, la doctrine exposée ne répond pas à son attente et il reprend son chemin, accompagné cette fois par cinq autres disciples, qui constitueront plus tard le premier auditoire de la « Bonne Loi ». Espérant trouver un lieu favorable à la méditation, ils se dirigent vers une rivière et s’installent à Uruvilva. N’ayant pu rencontrer le Guru (maître spirituel) souhaité, Gautama, devenu maintenant le Çakyamuni (le sage Çakya), choisit de découvrir par lui-même le chemin de la libération. Il se livre alors à diverses pratiques rigoureuses qu’il accompagne de périodes de jeûne prolongées, ce qui le laisse, au bout de quelque temps, dans un état de grand épuisement. Mara, un dieu tentateur, personnification du mal et de la mort, profite de sa faiblesse pour l’engager à renoncer à sa recherche de libération. Le dieu Indra, ému et inquiet, lui apparaît et lui démontre que l’extrême ascèse ne mène à rien. Convaincu, le Çakyamuni abandonne ses macérations, à la grande désapprobation de ses cinq compagnons qui comprennent mal ce renoncement et, pour cela, le quittent. Resté seul, il se retire sous «l’arbre du chevrier ». C’est là que Sujata, une femme, le prenant pour une divinité de l’arbre qu’elle était venue prier, lui fait l’offrande d’un bol d’or rempli d’une « succulente bouillie de riz ». Pendant la nuit qui a précédé cette rencontre, le Çakyamuni a eu, au cours de cinq songes, le pressentiment de l’approche imminente de son « Éveil ». Il se dirige alors vers le lieu unique et immuable, regardé comme le centre de la Terre, où tous les Bouddha précédents ont atteint cet « Éveil » et s’assied sur une brassée d’herbe, face à l’est. Alors qu’il médite, il est à nouveau assailli par le dieu Mara qui a immédiatement mesuré les répercussions que pourrait avoir sur son empire démoniaque la découverte des causes qui engendrent les re-naissances et conduisent à la libération. Mara lance ses assauts, mais il se heurte au mur sans failles constitué par les vertus du Çakyamuni et il doit renoncer à ses attaques.

C’est à l’âge de trente-cinq ans, au cours d’une nuit passée sous l’arbre de « l’Illumination » (Ficus religiosa), lors de la première veille, que le Çakyamuni parcourt les quatre stades de la méditation, le conduisant à la pureté totale. Au cours de la deuxième veille, il voit se dérouler les événements qui ont marqué ses propres vies antérieures, ainsi que celle des autres êtres. C’est à la troisième veille qu’ayant pris conscience de la loi des créations réciproques, des causes et des effets, ainsi que de leur enchaînement inéluctable, que le Çakyamuni, grâce à son raisonnement subtil, découvre comment mettre un terme à ce déroulement fatal.
Possédant désormais les quatre « Nobles Vérités » – celle sur la douleur, celle sur l’origine de la douleur, celle sur la cessation de la douleur et, enfin, celle de la vérité sur le chemin octuple symbolisant les huit perfections qui conduisent à la suppression de la douleur -, il accède enfin à l’état de Bouddha, c’est-à-dire à celui du suprême et complet « Éveil ».

Le Bouddha va encore demeurer sept semaines sur les lieux de son illumination. Pendant la première semaine, il médite à nouveau sur la loi de créations réciproques. Au cours de la seconde, il annonce aux dieux sa conditions « d’Éveille ». Durant toute la troisième semaine, il déambule autour du site de son « Illumination ». La quatrième est consacrée aux réflexions sur la doctrine qu’il conviendrait de mettre en œuvre. La cinquième semaine est passée en méditation sous « l’arbre du chevrier * près duquel il est revenu et où il est de nouveau assailli par Mara, par l’intermédiaire de ses trois filles, dont il se débarrasse prestement en leur révélant leur fatale décrépitude. La sixième semaine est encore passée en méditation sous un arbre près du lac Mulilinda, mais le froid et les pluies abondantes viennent contrarier la concentration du Bouddha. Alors le Naga, serpent-génie du lac, désireux de s’acquérir des mérites, se love autour de son corps pour le protéger de la montée des eaux et étend au-dessus de lui ses « capuchons » dilatés pour l’abriter de la pluie (scène très souvent reproduite en ronde-bosse). Durant la septième semaine, le « Bienheureux » se rend sous l’arbre dit « site royal ». C’est là qu’il fait ses premières conversions, en la personne de deux frères caravaniers, auxquels il fait don de touffes de cheveux et de rognures d’ongles, qui deviendront des reliques.

Revenu sous « l’arbre du chevrier », il s’interroge sur le moyen d’enseigner sa Doctrine, si difficile à comprendre, mais tellement nécessaire aux êtres qui sont, dans leur ensemble, à des niveaux spirituels très différents. Il y a ceux qui n’imaginent pas qu’il y a une route à suivre, puis ceux qui, l’ayant trouvée, se sont un peu engagés et, enfin, il y a ceux, les plus nombreux, qui s’interrogent encore sur le chemin à suivre et qu’une aide, même légère, suffirait à libérer. C’est pour ces derniers que le Bouddha va enseigner sa loi. Mais sur quel public diffuser d’abord la Doctrine ? Après avoir envisagé plusieurs possibilités, il arrête son choix sur ses cinq compagnons qui s’étaient détournés de lui après ses imprudentes macérations. Il les rejoint et, après les avoir convaincus, leur annonce qu’ils seront ses premiers auditeurs. Le Bouddha leur consacre son premier sermon, appelé « sermon de Bénarès », sur les quatre « Nobles Vérités ». Cette prédication est souvent désignée comme la mise en route de « la Roue de la Loi ». Cette dernière appellation est pleine de symbole car, tout comme le disque solaire flamboie et illumine le Monde, la roue qui représente la Doctrine et l’Enseignement du Bouddha, diffuse par ses rayons la « Bonne Loi », lumière du monde, qui brille pour tous les êtres. Lors de ce premier sermon, de nouveaux prodiges se produisent. Ses cinq compagnons se convertissent et constituent alors l’embryon de la Communauté initiale. L’enseignement du Bouddha va désormais s’adresser à tous.

Le Bouddha, âgé maintenant de trente-six ans, parcourt inlassablement le bassin moyen du Gange, ne s’arrêtant que pendant la saison des pluies, en raison des difficultés de la route. De nombreuses conversions suivent ses prédications, et la qualité des néophytes prouve amplement que le Bouddha a aboli le système des castes.

Grâce à des dons importants, il peut installer son premier ermitage de Jetavana (Bois du prince Jeta) à Çravasti, qui sera considéré comme le plus important monastère réservé à l’instruction des moines et un foyer éminent du savoir. C’est dans cette ville qu’en présence de certains maîtres de doctrines rivales, il accomplit plusieurs miracles dits « prodiges de Çravasti ». Il produit d’abord des « miracles jumelés » en faisant jaillir ensemble puis alternativement de l’eau de ses pieds et des flammes de ses épaules, puis il fait pousser instantanément un manguier, dans le feuillage duquel il crée et multiplie sa propre image dans différentes postures. Après avoir accompli ce « grand prodige magique », le Bouddha, comme tous ses prédécesseurs, rend visite à Indra, chef des trente-trois dieux du ciel, et il passe auprès de lui les mois de la saison des pluies. Lorsqu’il redescend sur Terre, par un triple escalier divin, se produit le prodige qui prend place parmi les grands miracles : dès qu’il eut posé le pied sur le sol, devant une foule immense, l’ensemble des participants perçut nettement la représentation de tous « les mondes visibles », du siège du dieu Brahma, tout en haut dans le ciel jusqu’aux enfers, dans le plus profond de la terre.

Les prêches et les conversions se poursuivent, toujours sans distinction de caste ou de vertu. La « Bonne Loi » s’adresse à tous. C’est ainsi qu’un ogre qui terrorisait les habitants d’une ville et un brigand au nom évocateur de « Guirlande de doigts coupés » viennent grossir les rangs des disciples de Bouddha.

Lors du dixième anniversaire de son « Éveil », il se retire seul dans la forêt de Parileyyaka où il se trouve en compagnie d’un éléphant solitaire et d’un singe, dont il apprécie la compagnie et l’assistance désintéressée. (Quelques bas-reliefs khmers représentent cette scène.) Trentesept ans ont passé depuis « l’Éveil ». Devadatta, un cousin ambitieux du Bouddha, complote dans le but de le remplacer à la tête de la Communauté. Une tentative d’assassinat contre le Bienheureux échoue du fait de son ascendant personnel qui amène la conversion des agresseurs, le rocher déboulant qui devait l’écraser ne faisant que l’égratigner. Ce que voyant, Devadatta a recours à la fureur aveugle de l’éléphant de guerre Nalagiri qu’il enivre et qu’il lâche dans la rue contre le Bouddha, mais le pachyderme, touché par la sérénité et la bienveillance du Maître, se soumet et s’agenouille à ses pieds. (Ces deux scènes sont parfois représentées.)

En dépit de ses forces déclinantes, le Bouddha poursuit ses déplacements mais, gravement malade, il sent sa fin approcher. La saison des pluies terminée, le Maître, accompagné de quelques moines, prend la route jusqu’à Papa, où il se restaure d’un succulent plat de porc qui semble raviver et aggraver son mal. Cependant, au prix de grands efforts, il se met en route pour tenter de rejoindre la ville de Kucinagara, mais il doit s’arrêter à mi-chemin pour recouvrer quelques forces en se désaltérant et en prenant un bain. Sitôt arrivé dans cette cité, il fait préparer une couche entre deux arbres et il s’étend sur le côté droit, face à l’ouest, la tête orientée au nord. Ainsi installé, il console et instruit encore de son mieux tous ceux qui sont à ses côtés. C’est au cours de la dernière veille de la nuit que le Bouddha, parcourant tout un cycle de méditation, atteint par degrés successifs le « domaine de la cessation de la conscience et du sentiment » et expire en atteignant le Nirvana. Il venait d’avoir quatre-vingts ans. Alors la terre trembla, les dieux se manifestèrent et tous les arbres se couvrirent de fleurs dans l’instant.

Les funérailles furent conduites avec le faste particulier réservé aux souverains qui peuvent prétendre à la royauté universelle. Le corps du Bouddha fut mené jusqu’au bûcher qui s’embrasa et s’éteignit spontanément. La légende veut que ses cendres aient été partagées entre les hommes, les dieux et les naga.

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