La période pré-angkorienne

La période pré-angkorienne

Les chroniques chinoises anciennes constituent, jusqu’à ce jour, les seules sources susceptibles de nous appor­ter des renseignements sur un pays situé dans le sud de la péninsule Indochinoise, dans le delta du Mékong. Dès le premier siècle de notre ère, ces chroniques signalent, dans cette région, un royaume qu’ils appellent Fou Nan, probable déformation chinoise du nom khmer bnam qui signifie « montagne » et qui, aujourd’hui, par commodité linguistique, est prononcé phnom.

La période pré-angkorienne

Une première indianisation donna lieu à une légende suivant laquelle un brahmane indien du nom de Kaudinia, embarqué sur un navire, rencontra son arrivée au Fou Nan, Soma, la fille du roi des Naga qui gou¬vernait alors ce pays, et l’épousa. Le couple Kaudinia- Soma devait être à l’origine d’une lignée qui régna par la suite sur une grande partie du sud de la péninsule Indochinoise. Tous les rois khmers antérieurs au IX è siècle après J.-C. prétendront être les descendants de ce couple mythique.
Au II è siècle, les chroniqueurs chinois rapportent que le Fou Nan est dirigé par Fan-Man, un chef de guerre qui prend le titre de Maharajah – grand roi. Il organise son territoire à la manière d’un royaume indien, étendant son autorité vers la mer de Chine à l’est et, à l’ouest, dans la partie septentrionale de la péninsule Malaise et jusqu’au pays Mon, en Basse Birmanie, où il trouve probablement la mort. Son successeur, Fan-Chan, surtout préoccupé de questions commerciales, établit des relations avec l’Inde et la Chine.

Entre les années 245 et 250, une ambassade chinoise arrive au Fou Nan et y trouve un usurpateur installé sur le trône. Cette mission donne aux chroniqueurs l’occasion de rapporter une description intéressante du physique, des mœurs et des coutumes des habitants de ce pays. Pendant longtemps, on n’entend plus parler du Fou Nan et ce n’est qu’au début du Ve siècle que les historiens chinois se manifestent à nouveau, en mentionnant l’arri­vée d’un deuxième Kaudinia. C’est l’occasion d’un ren­forcement de l’influence de la civilisation de l’Inde dans tout le Sud-Est asiatique.

Vers 480, l’accession au trône d’un premier Jayavarman est le prélude à un règne faste et à une brillante civilisation. Il établit sa capitale près du site de Ba Phnom, au sud-est de l’actuelle Phnom Penh. Les chroniques chinoises don­nent un aperçu de la vie au Fou Nan à cette époque.

Une inscription en sanscrit trouvée dans le delta du Mékong laisse supposer que des techniques de drai­nage des marécages sont déjà connues et utilisées. Pendant ce règne, diverses pratiques religieuses sont établies : le dieu indien Siva est honoré sous la forme du Hnga – emblème phallique – dressé sur le sommet d’une montagne d’où le ciel et la terre peuvent commu­niquer. Le culte de Visnu est aussi reconnu, et l’exis­tence du bouddhisme, du Petit et du Grand Véhicule – Hinayana, Mahayana -, est relevée sur des inscrip­tions de cette époque.

Jayavarman s’éteint en 514. À sa mort, son fils Rudravarman s’empare du pouvoir. Attaquée par le nord, Ba Phnom, la capitale, doit être abandonnée pour être transférée sur la rive droite du Mékong, à Angkor Borei, au sud de l’actuelle Phnom Penh.
Angkor Borei est la dernière capitale connue du Fou Nan. Dans le courant du VIIe siècle, le pays est conquis et absorbé par un royaume voisin du nord : le Chenla. Ainsi disparaît le Fou Nan qui fut pendant cinq siècles la puissance dominante de la péninsule Indochinoise.

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