Bakong

Bakong-angkor
  • Date:881
  • Pron. : bakong
  • Constructeur : Indravarman Ier
  • Repère : voir plan du groupe de Roluos en fin d’ouvrage
  • Culte : brahmanique (sivarite)
  • Dégagement : 1936
  • Intérêt archéologique
  • Travaux : de 1936 à 1943

Bakong-angkor

1. Accès
L’accès au Bakong se fait exactement comme pour aller au Preah Ko mais, une fois arrivé devant ce dernier temple, on doit poursuivre son chemin pendant encore 500 m. On aboutit sur la face nord du Bakong, que l’on contourne en suivant son angle nord-est, pour atteindre bientôt le gopura est de la 2e enceinte.

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2. Caractéristiques
Le Bakong est la première réalisation connue d’un temple-montagne construit en grès. C’est aussi le point de départ du développement de ce type de construction dans l’architecture khmère. Il est peut-être la représentation qui correspond le mieux au mont Menu céleste. Temple d’État d’Indravarman Ier, il symbolise aussi le centre virtuel du royaume, avec sa pyramide à cinq gradins et l’unique sanctuaire qui les surmonte.

3.Description et commentaires
Le Bakong, tout comme le Preah Ko, était inclus dans un vaste réseau de canaux et de douves. Le temple comprend trois entourages qui ceinturent le monument. Le plus éloigné est un grand quadrilatère de 800 m de côté, constitué par des douves de 30 m de largeur, aujourd’hui converties en rizières.
Ensuite, une vaste bande de terre de 200 m de large entoure la 2e enceinte. C’est sur cette aire que l’on a reconnu les vestiges de vingt-deux petites tours de brique isolées, dont les ouvertures s’orientaient vers l’est ou vers le sanctuaire.

3.1.2e enceinte
Cette enceinte de latérite, en partie enterrée, compose un quadrilatère de 400 m de large sur 450 m de long environ. Sur ses côtés est et ouest, on reconnaît des gopura cruciformes en latérite, en partie dégradés. Ils marquent le départ de larges chaussées bordées autrefois de naga, convergeant vers le sanctuaire.
Cependant, passé le gopura est, on remarquera, sur la gauche, pour la première fois dans l’art khmer, posé à terre sur un socle, le corps volumineux d’un naga rampant, qui redresse son capuchon à sept têtes.
Sur les côtés nord et sud, on reconnaît des gopura, de dimensions plus réduites.
La chaussée, à l’est et à l’ouest, franchit une douve de 55 m de large environ qui, elle-même, entoure la 1re enceinte du temple.

3.2.1re enceinte
C’est aussi un mur de latérite de peu de hauteur. Il se compose d’un rectangle de 120 m de large sur 160 m de long, coupé par quatre gopura, dont il ne subsiste que des soubassements moulurés.

  • Intérieur de la 1re enceinte

Passé le gopura est de la 1re enceinte, on trouve,de part et d’autre d’une allée dallée de près de 4 m de large, jalonnée de socles de bornes, tout d’abord, deux bâtiments oblongs en latérite de 20 m de long sur 5 m de large, comportant trois salles dont il ne reste que la base des murs. Un peu plus loin, dans chacun des angles nord-est et sud-est, deux tours massives de brique sont de conception identique à celle de la « bibliothèque » de Preah Ko. Dans les angles nord-ouest et sud-ouest, on trouve par contre une seule tour semblable.
Chaque construction comporte un corps de bâtiment carré de près de 9 m de côté, surmonté d’une couverture en tronc de pyramide, supportant un petit bloc cubique en brique, se terminant par une voûte en encorbellement. Les tours s’ouvrent à l’ouest par une unique porte découpée dans une dalle de grès monolithe. Les faces nord et sud de la structure de base sont percées de cavités incluses dans un cadre mouluré et séparées, quatre par quatre, par de petits pilastres allongés à chapiteau. Le bloc cubique supérieur est troué, sur chacune de ses faces, par des ouvertures taillées dans le grès. Ce sont les tours situées à l’angle sud-est qui sont les mieux conservées : on peut encore voir sur l’une d’entre elles une frise d’ascètes dans des niches.
Un peu plus en avant du gopura, de part et d’autre de l’allée centrale, deux petits bâtiments en latérite, assez différents de structure, sont aussi réduits à l’état de ruines. Celui situé au nord n’a plus de partie haute. De celui du sud, qui abritait la stèle de fondation, aujourd’hui en dépôt, il ne reste qu’un soubassement et un encadrement de porte en grès.
Plus à l’ouest, deux bâtiments oblongs de 4 m de large sur 25 m de long, symétriques, dont les porches font face à I allée centrale, possèdent encore leurs murs de grès bâtis avec des blocs de réemploi, avec leurs fausses fenêtres à balustres, mais ils ont perdu une partie de leurs voûtes en encorbellement. Ces deux constructions sont des rajouts de basse époque et correspondent certainement à des magasins ou à des dépôts.
Tout contre le mur d’enceinte sud, se situait un bâtiment très allongé de 33 m de long sur 4 m de large. Il se composait de trois salles en enfilade, dont il ne reste actuellement qu’un soubassement en latérite, quatre jambages de portes et un linteau de grès.
Placées tout autour de la pyramide, huit grandes tours-sanctuaires en brique sont groupées par deux sur chaque face. Des deux tours se trouvant sur le côté est, plus importantes, il ne reste que les soubassements évasés, quelques pans de murs et les encadrements de portes en grès. Celles de la moitié ouest sont encore dressées et montrent une assez bonne tenue. Les autres tours, en plus ou moins bon état, sont posées sur un soubassement carré, supportant deux autres assises carrées à redans. Des escaliers situés sur les axes principaux permettent d’arriver au niveau de la deuxième plate-forme. Les côtés de ces escaliers sont accompagnés de lions assis dont quelques-uns sont encore en place.
Les tours sont bâties suivant un plan carré à redans de presque 8 m de côté. Leurs murs de brique, très hauts, moulurés à la base, viennent buter à leur partie supérieure contre un large entablement. Une seule porte ouvre à l’est. Les autres faces sont ponctuées de fausses portes mais, vraie ou fausse, chaque ouverture est taillée dans un bloc de grès monolithe et encadrée par des colonnettes cylindriques très ornées, à bagues multiples. Ces colonnettes supportent un haut linteau au décor varié, très fouillé dans le détail, et souvent animé par des figurines. Les linteaux de ces tours sont parmi les plus beaux de l’art khmer.
La décoration des fausses portes, autant qu’on puisse en juger aujourd’hui, était remarquable. Elle est imitée du travail du bois. Chaque fausse porte, recoupée verticalement par un fort recouvrement central omé de cabochons, comprend deux vantaux ouvragés. Les colonnettes sont flanquées de pilastres de briques, soutenant un haut fronton en arc aplati montant jusqu’au niveau de l’entablement. À chaque angle des tours, se dressent, en épanne-lage, des gardiens de porte (Dvarapala) ou des déesses (Deva), suivant l’orientation du panneau. Les tours étaient recouvertes, comme à Preah Ko, d’un enduit de mortier de chaux modelé, dont il ne reste que quelques pans. Chacune des huit tours était consacrée à une des formes de Siva, le dieu auquel le temple était dédié.

3.3. Pyramide
Elle occupe le centre de la 1re enceinte, mais son axe nord-sud est décalé de 8 m vers l’ouest. Le massif intérieur de la pyramide est en partie fondé sur un remblai de terre et sur un banc de latérite. Elle se compose de cinq gradins parementés de grès, de hauteur décroissante, passant de 4,70m pour le premier, à 1,70 m pour le dernier. L’ultime terrasse se trouve ainsi à 14,30 m du sol de la cour intérieure. Tous les gradins sont pratiquement carrés avec des côtés allant de 65 m à 20 m pour la dernière plateforme. Le décalage des terrasses l’une par rapport à l’autre ménage un passage périphérique d’environ 6 m de large. Tous les niveaux de la pyramide sont reliés par des escaliers situés sur les axes. Tout comme la hauteur des gradins, ils sont de largeur dégressive, avec près de 3 m au départ de la première volée, pour 1,40 m à l’arrivée, sur la dernière terrasse. On notera, au début de chaque escalier, les belles marches en forme d’accolade. Chaque volée est flanquée de massifs d’échiffre importants, sur les murs desquels on peut encore voir des sculptures représentant des gardiens de portes et des déesses. Chacun des échiffres était surmonté d’un lion assis. Certains sont toujours en place.

Au pied de la pyramide et sur chacun des axes des escaliers, se situent des édicules originaux, uniques dans l’art khmer. Ils se composent d’une avancée de 7 m à décrochement sur le mur du premier gradin. De plan rectangulaire, chaque édicule possède une seule entrée. Recouvert d’une voûte en encorbellement, il est surmonté d’épis de faîtage. On s’arrêtera de préférence devant l’édicute nord qui a été restaure. On remarquera les frontons à personnages qui font face, à l’extérieur, au sanctuaire. Ces sculptures occupent l’espace autour d’une petite ouverture édairant l’intérieur de la salle de passage. De part et d’autre de l’entrée, on notera les importants sodés de pierre qui devaient porter quelques idoles. On remarquera auss» les gargouilles sculptées qui évacuaient les eaux de pluie ruisselant sur les marches, ainsi que les sodés et les vestiges sculptés du taureau Nandin, monture de Siva, qui se trouvait couché, face au temple.

Les angles des trois premiers gradins portaient des représentations d’éléphants taillés dans un bloc de pierre. Certains sont encore entiers et on peut constater qu’ils sont de dimensions décroissantes, suivant la hauteur des gradins. Harnachés et parés de colliers à grelots, ils étaient les gardiens des orients intermédiaires de l’Univers.

Le quatrième gradin porte douze petites tours de grès, réparties régulièrement le long de la terrasse périphérique. Hautes d’environ 2,50 m, elles sont construites en grès, montées sur un petit socle. Leur unique porte est tournée vers l’est. Chacune abritait un linga sous une toiture pyramidale à trois ressauts. Elles ne portent pas de décoration.

Le mur du soutènement du cinquième et dernier gradin, haut de 1,70 m, développait sur toute la surface de son pourtour un bas-relief à représentation de personnages, ce qui constitue la première manifestation de ce type dans l’art khmer. Malheureusement, ces bas-reliefs, maintenant très érodés, sont pratiquement illisibles. On distingue cependant quelques silhouettes, particulièrement sur la face sud, où un bloc de grès de 45 cm sur 65 cm porte encore un beau décor d’Asura combattant. Cette magnifique représentation permet d’imaginer tout l’intérêt que devait représenter le bas-relief entier, et l’on ne peut qu’en déplorer la perte.

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