Angkor Vat ( Partie 5 )

5. Galerie sud, aile est, dite des « Cieux et des enfers »

Ce bas-relief, long de 63 m, est consacré au jugement des morts, à leur récompense ou à leur .condamnation après le trépas. Grâce à trente-deux inscriptions gravées sur la pierre, nous connaissons les péchés qui sont reprochés à ceux qui auront à souffrir les tourments de l’enfer. Dans les trente-sept cieux, les élus mèneront une existence paisible et indolente. Cette représentation ne fait pas partie de l’iconographie indienne. Rare au Cambodge, elle était peut-être, comme en Occident au Moyen Âge, une figuration propre à édifier les fidèles et à les faire méditer sur les inconvénients qu’il y a à ne pas respecter les préceptes de la religion. Le panneau est composé de registres superposés délimitant trois zones : celle du ciel et des élus à la partie supérieure, celle des terriens au centre et celle des enfers et des damnés à la partie inférieure. À gauche, dès le début du bas-relief, en partie haute, une première sélection s’est déjà opérée avec des personnages qui montent, par une rampe, directement au ciel (13). Curieusement, cet accès paraît réservé aux princes et aux puissants. On n’y voit, en effet, sous des parasols et des éventails, que des seigneurs et des grandes dames portés en palanquins (14), semblant passer l’épreuve de la pesée des actes de la vie sans grande difficulté, pour aborder enfin les palais volants, lieux d’oisiveté et de délices.

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La partie médiane gauche du panneau (13) est occupée par des cavaliers qui gravissent une pente assez raide pour accéder à la partie terrienne du bas-relief. Ensuite, se développe une file de femmes et d’hommes, d’une stature moins importante que celle des personnages du registre supérieur. Tous se tiennent debout sous des parasols. Ils portent le bras gauche replié en travers de la poitrine et attendent respectueusement leur tour d’être jugé (14). Cette longue file aboutit à un groupe de femmes à la coiffure composée d’un diadème ciselé surmonté d’une mitre à trois pointes (15). Dans ce groupe, on voit des scènes intimistes, où des femmes agenouillées, leur chevelure surmontée de très hautes coques, rendent un hommage à des princesses (?).
À genoux, des porteurs de palanquins attendent les impétrants, pour les conduire en grande pompe devant Yama, le dieu du jugement et des morts. Ils sont escortés par des suppôts du dieu, armés de bâtons. Certains serviteurs apportent des présents, apparemment pour que leur maître obtienne une décision favorable du dieu des morts.

Limage de ce dernier se situe environ au premier quart du bas-relief (16). Elle est nettement identifiable car, surdimension-née, elle occupe pratiquement la hauteur des registres médian et supérieur, et sa spécificité est très caractéristique : monté sur le buffle, son véhicule, le dieu est assis, « à la javanaise », le genou droit levé et la jambe gauche repliée sous le corps Sa tête est surmontée d’une mitre en forme de pyramide étagée. Chacun de ses bras multiples est armé d’un bâton. Tendant une de ses mains vers la gauche, il attire l’attention de ses deux adjoints sur une décision à prendre. Un groupe de ses acolytes, âge nouillés, le gourdin en main, attend le moment d’intervenir.

Devant ce groupe, les deux adjoints du dieu (17), d’abord Dharma qui a les mêmes caractéristiques que Yama, mais qui ne possède que deux bras : il est le décideur qui, de son bâton, désigne ceux qui méritent l’enfer. À ses côtés, Citragupta, son assistant, mitre conique en tête et diadème ceignant son front : c’est lui qui a la connaissance précise des actes de la vie de chacun. Les damnés, figurés à une échelle réduite, émaciés et suppliants, sont amenés par des aides qui les précipitent dans les enfers, où ils ne resteront d’ailleurs que momentanément, puisque l’hindouisme ne connaît pas la damnation étemelle. Là, ils seront traités en fonction des « crimes » perpétrés sur terre, lesquels peuvent être très variés : ceux qui ont chapardé des fleurs dans les jardins de Siva auront la tête criblée de clous ; ceux qui auront nargué les dieux et leurs assesseurs, méprisé leur famille et leurs amis, seront jetés dans une fosse grouillante de vers ; les avides et les gloutons seront sciés en deux, les os de ceux qui ont détérioré le bien d’autrui seront brisés et les voleurs, plongés dans une ambiance de glace, grelotteront de froid. Les acolytes de Dharma, possédant tous les attributs des démons, conduisent les damnés comme du bétail sur le lieu de leur supplice. Là, ils sont battus, pendus par les pieds, attaqués par des bêtes féroces, brûlés, etc., pendant que les « justes », dans leurs palais volants, soutenus par des Garuda atlantes, mènent dans des gynécées une existence de paresse et de plaisir. En 1947, une partie de cette galerie s’est effondrée, justement au droit des palais volants (18). Les blocs, dont beaucoup ont été brisés, ont été remontés au mieux, en laissant toutefois, malheureusement, de nombreux manques qui font regretter d’autant plus l’état premier.

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