Angkor Vat ( Partie 4 )

Angkor Vat ( Partie 4 )

4. Galerie sud, aile ouest, dite du « Défilé historique »

Ce bas-relief, long de près de 90 m, est consacré à la gloire du roi Suryavarman II qui, de son vivant, était la forme de Visnu manifestée sur la terre. Après sa mort, Suryavarman II est monté près des dieux et on le désigne alors sous le nom de Paramavisnuloka (celui qui est maintenant dans le monde suprême de Visnu). On voit que, par assimilation, en glorifiant le roi, on glorifiait aussi le dieu. Hors des scènes de combats présentes sur la plupart des autres bas-reliefs du temple, c’est le côté divin de la royauté khmère qui est affirmé ici, avec le caractère très hiérarchisé et ordonné, propre à ce type de société.

Angkor Vat ( Partie 4 )

Le premier tableau commence sur le côté gauche par deux registres superposés présentant des scènes qui ont lieu dans la forêt (4). Sur le registre inférieur, donc au premier plan un cortège de personnages de haut rang (reines, princesses ?) passe dans des palanquins aux timons courbés en forme de naga dressés, mais aussi en chaises à porteurs, tous suivis de leurs serviteurs, porteurs de parasols et d’éventails.

Sur le registre supérieur, plus en profondeur, une cohorte de guerriers (peut-être la garde du roi ?) qui, armés de lances et portant le bouclier, semblent attendre, accroupis, un ordre de leur chef. On remarquera le déploiement harmonieux des lances qui, lentement, comme on ouvre un éventail, basculent de la gauche vers la droite (5).

À environ 10 m du début du panneau, le roi Suryavarman II (6) tient audience sur le mont Sivapada (empreinte des pieds de Siva). Costumé et paré à la façon des dieux de la mythologie, il trône avec magnificence sous quatorze parasols et un aspect divin qui sied à son appellation posthume. Tiare et diadème en tête, il est assis en majesté sur un siège légèrement surélevé, aux pieds et aux accoudoirs en forme de naga dressés. Autour de lui, des serviteurs agitent des éventails à longs manches, des chasse-mouches en queue de cheval et des emblèmes en plumes de paon.

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Un peu plus loin, sur la droite du souverain, derrière les serviteurs agenouillés, des savants ermites (pandit) aux chignons élevés sont à l’écoute de leur roi, pendant que d’autres préparent des nourritures. De sa main gauche, Suryavarman II fait un signe à un dignitaire qui lui lit un rapport. Derrière ce dernier, agenouillés sur une natte épaisse, mais le genou droit levé, deux hautes personnalités écoutent aussi le roi, le bras droit en travers de la poitrine et la main sur le cœur en signe de respect (7). Derrière eux, quelques guerriers agenouillés saluent le roi, les mains jointes levées jusqu’au front, avant d’aller rejoindre les autres soldats descendant de la montagne pour participer au grand défilé qui se développe vers la droite, tout au long du bas-relief, dans un paysage de forêt. On remarquera les arbres qui y sont très nettement représentés et dont on peut même reconnaître les diverses essences. Par contre, on y voit très rarement apparaître des oiseaux ou tout autre animal arboricole. Dans ce défilé, on compte plusieurs corps de troupe, chacun conduit par un grand seigneur, feudataire d’une partie de l’Empire. On reconnaît onze de ces seigneurs grâce aux courtes inscriptions gravées à leur côté. Leur importance dans la hiérarchie est marquée par le nombre plus ou moins grand de parasols qui les abritent. Montés sur des éléphants de guerre, ils se tiennent dressés un pied sur le bât, la plupart portant la « cuirasse », avec plusieurs coutelas fixés au niveau de l’épaule gauche. Certains portent simplement la chemise. Ils sont armés et tiennent à la main droite soit la lance, soit le phkak, machette khmère au long manche de bois reposant sur l’épaule, la main gauche tenant l’arc ou le bouclier. Le comac, armé d’un croc, dirige la monture, à califourchon sur la nuque de l’animal. La troupe suit à pied, les guerriers portent aussi la « cuirasse ». Sur leurs têtes, les casques sont très divers, avec, dans la plupart des cas, des représentations animales, comme des têtes de cerfs, d’oiseaux au bec crochu, etc. Les officiers à cheval qui flanquent les corps de troupe montent à cru et sans étriers. Représenté en « grandeur dominante », le roi Suryavarman II (8) se trouve occuper pratiquement le centre de la longueur totale du panneau. Dressé sur son éléphant richement caparaçonné qu’on a coiffé de la mitre royale, le souverain a aussi revêtu la « cuirasse » qui, pour lui, était peut-être en bronze ou en fer, mais, pour les soldats, devait généralement être réalisée en écorce d arbre ou encore en vannerie. Sur son épaule droite, il porte le phkak, sa tête, couverte de la mitre conique (mukuta) est ceinte du diadème. Il est abrité par quinze parasols et entouré de cinq éventails, six chasse-mouches et quatre hauts étendards verticaux À l’avant, juste devant lui, posée sur une longue hampe, se dresse l’enseigne du roi : Visnu avec ses quatre attributs, monté sur un Garuda en position d’envol.

Précédant de 15 m le souverain, un groupe de religieux sivaïtes barbus, dont le haut chignon est recouvert d’un tissu serré à la base par un collier de grosses perles, véhiculent, dans un hamac, le chapelain royal (9). D’autres prêtres marchent en avant, en agitant les clochettes rituelles, aux manches en forme de trident. D’autres frappent et font résonner des cloches ou des cymbales superposées et suspendues à une corde. L’ensemble des dévots est précédé de servants portant sur leurs épaules « l’Arche du Feu Sacré » (10), qui se présente sous l’aspect d’un pavillon de temple en réduction, relativement proche d’un stupa ou encore d’un linga. Cette Arche est vénérée comme contenant la flamme sainte, peut-être en souvenir du feu que l’on entretenait au palais et dans les temples pour assurer la présence du dieu et la pérennité du royaume, mais peut-être aussi pour rappeler le linga primitif, emblème de Siva, qui jaillit de l’Océan, couronné de feu. Comme pour les hauts dignitaires, l’Arche est surmontée de parasols et d’éventails. Elle est précédée de l’enseigne du chef des singes Hanuman, en position d’envol, monté sur une courte hampe.
Juste devant, au son des tambours, des trompes, des flûtes, des conques et du gong, une clique entraîne un groupe de jongleurs qui dansent et portent en équilibre de très hauts étendards et, sur une très longue hampe, un emblème aujourd’hui effacé. Malheureusement, cette partie du bas-relief a subi des dommages imputables aux accrochages qui eurent lieu ici, dans les années 1970, entre les troupes gouvernementales et les Khmers rouges (11).

Le bas-relief se poursuit avec la représentation des troupes à pied et à cheval, et de leurs chefs montés sur des éléphants, jusqu’à arriver à la fin du panneau, qui est aussi le début du cortège. On peut y voir d’étranges guerriers marchant en débandade (12). Ces» sauvages », différents physiquement des Khmers, sont prognathes, leurs yeux sont nettement fendus en amande. Certains semblent porter la moustache et la majorité d’entre eux ont de longs cheveux retombant en petites nattes sur leur cou. De lourds anneaux à pendeloques ornent le lobe de leurs oreilles. Le casque dont Ils sont couverts est assez inhabituel ; posé sur le sommet du crâne, il est constitué d’une pyramide à étages, ornée et terminée par une sorte de plumet. Leur chemise est parfois fleurie, et ils portent une jupe descendant au-dessous de leurs genoux. Cette jupe est tenue et agrémentée par une double ceinture de tresses terminées par un gland. Ils sont armés d’une lance dont une extrémité constitue le fer acéré, l’autre partie se divisant en plusieurs plumets, comme leur casque. Un haut bouclier rectangulaire les protège presque entièrement. Leurs officiers, à cheval, portent le même vêtement, mais ils sont armés d’un sabre dont la pointe évasée est taillée en biseau. Le prince qui conduit cette cohorte est monté sur un éléphant et il est vêtu comnae ses soldats. Il tient un arc dans ses mains. Le comac qui le guide est costumé de même.
On n’a pas encore vraiment déterminé qui sont ces étranges combattants, appelés « Syam Kuk », certainement des alliés, feu-dataires de Suryavarman II, peut-être aussi des mercenaires. Par tradition, on les assimile actuellement aux Siamois (Thaïlandais). Certains y voient des aborigènes des confins nord-ouest de l’ancien empire khmer.

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